The Year Without Pants

ImageJ’avais vu passer ce livre lors de sa sortie en septembre 2013 mais je ne lui avais pas prêté une grande attention à cette époque car j’avais déjà une bonne pile de livres sur mon bureau et sur ma table de chevet.

Il y a quelques semaines je lisais le billet « WHAT IF MANAGERS DIDN’T GET PAID MORE? » sur le blogue de Scott Berkun et là je me suis rappelé que son dernier livre m’avait tout de même intrigué à sa sortie (c’est sûrement du à la couverture 😉 ). Je me le suis donc procuré.

De quoi ça parle ?

En 2010, Matt Mullenweg (WordPress.com) approche Scott Berkun (auteur, conférencier et ancien de Microsoft) et lui propose de venir travailler pour son entreprise Automattic. Matt Mullenweg lui offre alors de prendre en charge une équipe de développeur. Une première pour cette entreprise. Cette équipe, tout comme la grande majorité des équipes travaillant pour Automattic, à pour particularité d’avoir ses membres répartis sur l’ensemble du globe.

Scott Berkun nous livre donc l’aventure qu’il a vécu durant son année passée chez Automattic dans un contexte de gestion très différent de ce qu’il a connu auparavant.

L’héritage du monde du logiciel libre

Pour comprendre le fonctionnement de la société Automattic il faut revenir aux origines du moteur de blogue WordPress.

En 2002, Matt Mullenweg utilisait un logiciel nommé Cafelog (aussi connu sous le nom de b2) pour publier ses photos sur son site d’alors photomatt.net. Mais il trouva rapidement des limites à ce logiciel et malheureusement ce dernier n’était plus entretenu par son principale développeur, Michel Valdrighi.

Cafelog étant un logiciel libre, Matt décida de partir un nouveau projet à partir du code source de ce dernier. Et le 27 mai 2003 Matt publia, avec l’aide de Mike Little, la première version publique de WordPress. Ils seront, petit à petit, rejoint par d’autres développeurs intéressés par le projet, dont Michel Valdrighi.

Vers la fin de l’année 2005 Matt Mullenweg fonde Automattic, l’entreprise derrière WordPress.com, afin d’offrir des services d’hébergement pour le moteur de blogue WordPress (ce dernier reste sous licence GNU GPL). Il propose alors aux principaux contributeurs de le rejoindre dans ce nouveau projet.

La culture de l’entreprise Automattic hérite donc de la philosophie du monde du logiciel libre sur plusieurs aspects.

« Culture Always Wins »

C’est le titre du chapitre 4 de ce livre, celui qui m’a le plus marqué par son contenu et les idées que je partage avec l’auteur. L’extrait suivant est d’ailleurs un bon message pour beaucoup de gestionnaires :

A great fallacy born from the failure to study culture is the assumption that you can take a practice from one culture and simply jam it into another and expect similar results.

J’ai pu observer ce genre de comportement dans mes précédentes expériences. On allait chercher un gestionnaire qui avait réussi à implanter le Lean ou l’agilité dans son organisation et on lui demandait de refaire son « tour de magie » dans une autre entreprise, dans un autre contexte et surtout dans une autre culture. Je vous laisse deviner le résultat…

Je ne pense pas qu’une entreprise tenterait de recopier le modèle d’Automattic avec des équipes dont les membres sont répartis sur l’ensemble de la planète et qui travaillent depuis chez eux. D’ailleurs Yahoo! est récemment revenu sur sa politique de travail à distance. Son succès, Automattic le doit à sa politique de recrutement qui lui a permis de construire et d’entretenir sa culture autour de gens engagés et partageant les valeurs de l’entreprise.

Un dernier extrait pour finir

Product creators are the true talent of any corporation, especially one claiming to bet on innovation. The other roles don’t create products and should be there to serve those who do.

Bonne lecture !


Quelques liens :

  1. Memories from the #FutureOfWork
  2. The Year Without Pants: An interview with author Scott Berkun