Une mêlée quotidienne bien difficile

Cela fait maintenant presque un an et demi que je suis le Scrum Master de la même équipe, et durant cette période la composition de cette dernière a bien changé. Elle est maintenant composée d’un noyau de 4 personnes travaillant ensemble depuis plus de 2 ans auquel ce sont ajoutés 3 nouveaux membres (externes) durant les 6 derniers mois.

Avec ces changements j’ai dû enseigner aux nouveaux membres les valeurs de Scrum et de l’agilité afin de les aider à s’intégrer à l’équipe. Et pendant quelques itérations il m’a fallu rappeler les objectifs de la mêlée quotidienne afin que celle-ci ne déborde pas.

Mais il y a quelques jours de cela j’ai vécu la mêlée la plus difficile depuis que je suis le Scrum Master de cette équipe, j’ai été confronté à un vrai manque de discipline de la part de certains de mes coéquipiers. Certains se permettaient de discuter entre eux pendant qu’un de leurs coéquipiers répondait aux 3 questions, et il m’a été difficile d’obtenir leur attention sans monter le ton. Mais le meilleur m’a été réservé pour la fin de la mêlée lorsque l’un des derniers externes à avoir intégré l’équipe s’est mis à donner des ordres/tâches à un autre membre, je suis malheureusement resté sans voix…

Les limites du rôle de Scrum Master

Pour rappel, le Scrum Master n’est pas un chef d’équipe mais plutôt un facilitateur, un guide, voir un coach pour l’équipe. Il est là pour accompagner l’équipe dans son apprentissage de Scrum. Il est là pour conseiller l’équipe et l’aider à s’améliorer dans ses pratiques de développement. Il est là pour retirer les obstacles qui empêchent l’équipe d’être efficace. Mais en aucun cas il peut donner des ordres à l’équipe.

Dans ce contexte j’ai 2 possibilités qui s’offrent à moi :

  • notifier la gestion sur le problème de discipline dans l’équipe,
  • réexpliquer une énième fois les principes de la mêlée quotidienne lors de la prochaine mêlée.

Personnellement je vais privilégier la seconde approche et garder la première pour les situations extrêmes. En effet, je trouve que la première solution a un côté infantilisant et qu’elle risque, d’une certaine manière, de briser la confiance que les membres de l’équipe ont en moi.

Que ce soit dans le guide Scrum ou dans les 12 principes agiles il est fait mention d’équipes auto-organisées. Mais pour avoir une équipe auto-organisée il nécessaire, à mon avis, d’avoir des membres auto-disciplinés et respectueux de leurs coéquipiers.